Les films et docs dédiés à l'informatique

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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

Image Selon une légende méconnue :angel: il était une fois un garçon nommé Elon qui, dans son enfance, se passionna pour une histoire de Martiens décidés à kidnapper le Père Noël. Il s’identifia au jeune Billy qui, quittant Mars, affirma "je reviendrai".

Des années plus tard, devenu adulte, il lança le projet fou d’une revanche en partant à la conquête de la planète rouge, avec aussi en tête l’idée de s’approprier la technologie martienne d’implants imposés aux enfants afin de leur conférer directement des capacités intellectuelles d’adultes. Voici le film à l’origine de l’une des plus belles épopées spatiales modernes et, peut être, de la destinée de l’homme le plus riche du monde :!:


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[141] Le Père Noël contre les Martiens (1964) (imdb 2,8 / perso 6)

Contenu : Les enfants de Mars ont perdu leur innocence et leurs rires depuis qu’ils sont équipés d’un implant leur permettant d’acquérir rapidement des connaissances d’adultes. Le grand sage de Mars décide alors d’envoyer une expédition sur Terre afin de kidnapper le Père Noël, le seul capable de dégager spontanément la joie de vivre.

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Avis perso :
Il a la réputation d’être l’un des cent pires films du cinéma sur IMDb, gagnant pourtant au fil des ans, un statut de film culte. Selon les canons du cinéma, le film serait mauvais à tous les niveaux. Certes, mais j'en ai une autre vision générale, celle d'un style délibérément naïf. Celui de la magie de l’imaginaire de l’enfance, bricolé de bouts de ficelle et de carton-pâte, où tout devient possible.

Au-delà de cette comédie loufoque aux multiples facettes, le film propose des pistes de lecture intéressantes. Par exemple, le robot Torg incarne la fascination de l’époque pour un futur alors fantasmé, dont par les enfants. Il met également en scène une opposition claire entre deux modèles de société. Sur Terre, l’atelier du Père Noël est artisanal, porté par l’humain, tandis que sur Mars, planète baignée de rationalité, tout est automatisé.

Ce film propose certaines idées contemporaines alors des standards populaires de la SF, qu’il s’agisse des implants neuronaux à la Neuralink, des robots humanoïdes, de la nourriture sous forme de pilule, ou encore de la production déshumanisée.

Disponibilité : Directement sur YT en Fr, à noter qu'il serait passé dans le domaine public.

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https://youtu.be/L4SZyeUGSM4
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

Au-delà des histoires opportunes de drones de 2025, la Russie et ses amis du bloc de l’Est ont depuis longtemps investi les airs, et même l’espace, avec Spoutnik, Laïka ou Gagarine. Plus discrètement, cette conquête se concrétisa dans la science-fiction, influençant jusqu’au bloc de l’oncle Sam ; non sans avoir d’abord mis la main sur les plans de Robby le Robot. Bref, la guerre froide se jouait aussi là.

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[142] Ikarie XB-1 (1963) (imdb 6,9 / perso 8 )

Contenu : Film de science-fiction tchécoslovaque situé en 2163. Le vaisseau spatial Ikarie XB-1 parcourt l’univers à la recherche d’une mystérieuse Planète Blanche. L’équipage, composé d’une quarantaine de personnes et d’un robot humanoïde déjà obsolète, doit composer avec la vie en communauté, les tensions d’un voyage interminable et la découverte d’un inattendu vaisseau terrestre du 20e siècle.

Avis perso :
Avant tout, afin qu’il n’y ait pas de méprise, ce film présente un réel intérêt pour les cinéphiles, les amoureux de science-fiction ou ceux qui s’intéressent à la bataille culturelle du 20e siècle. Pour les autres, il ne vaudra sans doute qu'au plus la moyenne. Une interprétation trop récitée, sous une direction excessivement rigide, au point d’en sonner faux, est son défaut majeur qui pourra avoir raison de la patience du grand public.

Malgré cela, le reste est bien maîtrisé pour l’époque : cadrages, éclairage, décors, environnement technologique (écrans, consoles), costumes, montage, rythme, etc.

Ikarie XB-1 n’est pas seulement un témoignage de la SF du bloc de l’Est, il peut être considéré comme un précurseur du genre. On y trouve déjà des éléments popularisés plus tard, notamment dans Star Trek : un équipage aux rôles variés, composé d’hommes et de femmes, une attention portée à la vie quotidienne à bord, une hiérarchie humaine, et des décors à la fois épurés, techniques et spacieux. D’ailleurs, l’histoire se déroule autant dans les interactions de l’équipage au sein du vaisseau, que dans l’espace, au fil de la mission.

A noter la présence secondaire et humoristique du robot Patrick, inspiré de l’américain Robby le Robot. Apparaissant comme désuet, il est maladroit dans ses gestes mais attachant à en évoquer le future R2-D2 de Star Wars.

Enfin, il faut relever que le film est aussi sorti en version écourtée américaine. Mais si dans la VO tchèque, la présence d’un bébé à bord rappelle la transmission de la vie, dans la version US, ces scènes ont été retirées, emportant avec elles une partie de la philosophie humaniste du film.

Disponibilité : Deux versions sont trouvables, celle américaine (Voyage to the End of the Universe) qu'il faudra assembler pour avoir les sous-titres Fr, et celle restaurée à l'occasion du festival de Cannes 2016.

Code : Tout sélectionner

Bande annonce de la version Cannes :
https://youtu.be/Cz9SdD9KI4w

Version sortie aux USA téléchargeable avec Vividl (dl très lent depuis la Fr, ok depuis USA)
https://ok.ru/video/10370206927599 (il faut être patient pour que la connexion se fasse)
prendre les sous-titres :
https://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/5656169/voyage-to-the-end-of-the-universe-fr
Bonus : Vividl et réglages des sous-titres avec MPC pour qu'ils se superposent à ceux incrustés.
► Afficher le texte
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

Depuis quelques années, les rêves du voyage spatial se portent sur la Lune et Mars. Après les succès de la station internationale ISS, on aurait pu espérer la poursuite d'une coopération au-delà de la gravité terrestre :| Tel un songe, le premier souvenir de la Lune de 69 s'évapore, emportant aussi les USA dans cette nouvelle compétition technique, et de prestige international.

Mais dans son rêve utopique, dès 1963, l'URSS avait déjà réalisé ce méconnu exploit de fouler la Lune, puis d'atteindre Mars :!:

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[143] Au-devant du rêve (Mechte navstrechu) (A dream come true) (1963) (imdb 5,9 / perso 7 - 10 pour la SF historique)

Contenu : Film russe de science-fiction. Dans une cité spatiale soviétique, le cosmonaute Andreï montre à son amour Tanya, un petit appareil sur lequel il a enregistré une chanson. La mélodie l'emporte dans le rêve d'une odyssée spatiale mêlant Tanya, la Lune, Mars et d'intrigants signes de vie extraterrestre.

Avis perso :
D'abord, un constat m'a surpris : sans recherche sur le net, donc sans capacité d'analyse propre du scénario dans le détail, ce film est inconnu des IA ChatGPT, Mistral, Perplexity et à peine plus de DeepSeek. J'ai dû fournir à ce dernier les sous-titres afin qu'il puisse l'analyser et que nous en discutions longuement. J'ai ensuite prolongé l’échange avec ChatGPT pour explorer les derniers points d'ombre du récit. A noter que Wikipédia ne fait guère mieux en référençant le film que dans quatre langues, dont pas même l'anglais ; la version ukrainienne est la plus riche.

Du fait de cette rareté digne d'un OVNI, ce film de SF est attrayant bien au-delà de sa qualité intrinsèque. La réalisation est modeste mais soignée et charmante, cependant la direction d'acteur m'apparaît bien trop rigide. Comme Ikarie XB-1 aussi de 1963, afin qu’il n’y ait pas de méprise, ce film peut séduire plus particulièrement les cinéphiles, les passionnés de science-fiction ou les amateurs de la guerre froide culturelle.

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Naturellement, Mechte Navstrechu s'inscrit dans le contexte d'une propagande capitalisant sur la série de succès spatiaux soviétiques, notamment avec le vol de Gagarine en 1961. Le film met en avant une domination technologique russe teintée d'héroïsme et d'un message humaniste à portée universelle. Mais au-delà de cette vitrine idéologique spatiale, le film surprend par sa touche de romance empreinte de vulnérabilité. L'amour d'Andreï porté à Tanya rend les personnages attachants, tout en servant le message d’une URSS capable de porter des héros au cœur d'homme.

L'histoire demeure assez difficile à suivre. Le scénario alambiqué créant une confusion sur qui se trouve où, alors que plusieurs protagonistes voyagent entre les différents astres. C'est la raison pour laquelle, je propose en bonus l'histoire intégrale après en avoir démêlé l'intrigue avec la complicité de l'IA, laquelle faisant parfois fausse route, tout autant que moi.

Un petit détail d'une souriante intention, la France est brièvement évoquée comme fabricante des pilules alimentaires des cosmonautes :D

Disponibilité :

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Il y a de multiples versions sur YT, en voici une avec sous-titres Fr possibles auto de YT .
https://youtu.be/QqlODpunGBo

Ou sur ok.ru, peut-être une vraie 480p mais en VO.
https://ok.ru/video/9905958881803
Bonus : L'histoire complète après de longues heures d'échange pour en dégrossir le scénario avec DeepSeek, puis en affiner certains points et la rédaction avec ChatGPT.
► Afficher le texte
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

Le Russe Constantin Tsiolkovski est considéré comme le père de l'astronautique. Durant des décennies, ses travaux restèrent presque inconnus en Occident. Voici un étonnant film russe auquel il a porté une contribution scientifique et que pourtant Disney aurait pu produire. Renié dès sa naissance par le bloc de l’Est et ignoré par celui de l’Ouest, offrons-nous une seconde chance de le découvrir dans l’apesanteur de son exploration lunaire.

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[144] Le Voyage cosmique (1936) (imdb 6,8 / perso 8 - 10 pour la SF historique)
aka Kosmicheskiy reys - Cosmic Voyage - The Space Voyage

Contenu : Film muet de science-fiction situé dans un futur proche, en 1946 :!: Après l’échec d’un vol habité avec un lapin, le directeur de l’Institut des voyages interplanétaires décide de ne pas poursuivre avec un vol humain. Mais le scientifique créateur du vaisseau, accompagné d'une assistante et d’un jeune passager clandestin, brave l’interdiction pour partir à la découverte de la Lune.

Avis perso : L’impression initiale est visuelle : un travail soigné sur les décors et les effets, dont celui plus tardif de l’apesanteur, et un rythme maîtrisé. La musique expérimentale bien que postérieure au film, s’intègre de manière étonnante, utilisant des instruments classiques pour évoquer des bruits mécaniques ou la science, plutôt que d'accompagner l’émotion.

Accessible aux enfants comme aux adultes, dans la veine d’un Jules Verne, le film déploie une construction idéologique affirmée. Il valorise un collectif harmonieux : le vieux professeur, symbole de savoir et de guidance morale, l’assistante pleinement intégrée à l’aventure, et le jeune inventeur adolescent, incarnation de l’avenir. À l’inverse, les hommes en costume séduisants mais plus motivés par leurs intérêts personnels incarnent l’individualisme nuisible. C'est une distribution des rôles en harmonie avec bon nombre de nos films contemporains.

Les scènes sont d’une pédagogie claire. Les échecs des envois d’animaux, tels un lapin et un chaton, distillent une émotion enfantine. L’intervention des enfants pour empêcher le sabotage par le directeur souligne la nécessité de la rééducation, afin de le réintégrer dans le collectif. D'ailleurs, il est universel : qu’il s’agisse de l’URSS ou des USA, la conquête spatiale du 20e siècle repose sur un collectivisme étatique.

Pourtant, cette approche lui sera fatale : le film fut rapidement interdit de diffusion. Implicitement, il remet en cause l’autorité étatique, montrant qu’une rébellion bienveillante peut avoir sa place. De plus, son style ouvert, accessible et ludique ne cadrait pas avec le réalisme communiste.

Disponibilité :

Code : Tout sélectionner

Téléchargeable avec Vividl ou autre en VO.
sur YT : https://youtu.be/RKrOSDTolNA
sur Ok : https://ok.ru/video/9905958881803 (DL via VPN sur USA pour un bon débit, c'est lent depuis Fr)

Sous-titres français synchronisés avec la version Ok.ru, je ne les ai pas testés avec celle de YT.
https://pastebin.com/n3g7rkvk (à sauvergarder dans un fichier .srt)

Comme il n'existait pas de sous-titres fr, je les ai créés en demandant
une traduction à l'IA DeepSeek en partant de ceux anglais de opensubtitles :
http://www.opensubtitles.org/subtitles/4015112
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

En 2004, Virgin Galactic popularise médiatiquement l’idée d’un vol spatial commercial privé avec l’annonce d’un module réutilisable. Richard Branson ouvre alors la voie à un tourisme orbital qui ressemble surtout à un loisir de luxe pour que la haute puisse s’envoyer en l’air 8)

Techniquement, le projet s’appuie sur SpaceShipOne, financé par le légendaire Paul Allen, cofondateur de Microsoft. Il est le récent vainqueur de l’Ansari X Prizeen, créé pour stimuler l’industrie spatiale privée par un premier vol réussi. Puis, dès 2005, Bezos et Musk annoncent à leur tour leurs ambitions spatiales.

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SpaceShipOne sous son avion porteur WhiteKnight One

[145] Les conquistadors de l'espace (2023) (imdb 7,3 / perso 6)

Contenu : Ce documentaire explore l’évolution des constellations de satellites et leur impact sur la géopolitique spatiale. À travers l’histoire de la conquête spatiale, il retrace la transition des programmes étatiques vers les initiatives privées, comme Starlink et OneWeb. Le film examine les enjeux technologiques, économiques et stratégiques liés à ces méga-constellations.

Avis perso :
Ce documentaire est accessible, informatif et globalement bien construit. La première partie historique est particulièrement réussie :clap: montrant clairement comment le spatial est progressivement passé d’un modèle dominé par les Etats à une place croissante du privé.

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Les enjeux abordés sont pertinents, notamment la géopolitique spatiale, la dépendance européenne, la gestion des débris et les risques de collisions. Le film rappelle justement que l’espace est devenu une infrastructure critique.

En revanche, le traitement devient parfois trop manichéen. La focalisation sur Musk, voire Bezos, personnalise excessivement des dynamiques qui relèvent surtout de logiques industrielles. La domination de SpaceX s’explique d’abord par des choix techniques efficaces et des coûts réduits, plus que par une volonté d'une ruée assimilée à celle primitive de l'or. Les progrès concrets des constellations, comme la désorbitation en fin de vie ou l’évitement des collisions, sont bien évoqués mais noyés dans un récit alarmiste. De plus, la critique de la privatisation paraît incohérente alors que les infrastructures terrestres, comme la fibre ou les câbles sous-marins, sont elles aussi largement privées.

Le documentaire présente OneWeb comme une alternative européenne quasi souveraine. Pourtant en 2023, la production était largement américaine. Depuis, l’intégration à Eutelsat et une relocalisation partielle vers Toulouse réduisent cette dépendance, sans pour autant garantir une réelle autonomie. Le paradoxe est d’autant plus marqué que OneWeb a dû faire appel à SpaceX pour ses lancements, faute d’alternative européenne prête. Par ailleurs, OneWeb cible les marchés professionnels et gouvernementaux, tandis que Starlink englobe aussi le grand public.

Enfin, l’épisode du lanceur Soyouz annulé pour une histoire de drapeau sur la carlingue me laisse dubitatif :o Il semble plus cohérent d’y voir une décision politique multifactorielle. Dans des secteurs aussi stratégiques que le spatial ou le nucléaire, les coopérations techniques perdurent généralement malgré les fortes tensions liées au contexte géopolitique, voire les conflits, ce qui rend cette explication symbolique peu convaincante.

Au final, le documentaire constitue une bonne introduction au sujet, à condition de prendre du recul face à ses excès de dramatisation et de personnalisation.

Disponibilité :

Code : Tout sélectionner

Il est passé sur LCP, Arte, etc.
Il est disponible en rediffusion jusqu'au 21/02/2026 sur :
https://www.france.tv/documentaires/documentaires-societe/8025297-les-conquistadors-de-l-espace.html
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique

Message par MyPOV »

Le précédent documentaire portait sur la montée en puissance du spatial privé à travers les constellations de satellites. Pourtant, dès l’origine, l’industrie spatiale américaine s’appuie largement sur des entreprises privées sous contrat pour les études et la fabrication. La NASA ne naît qu’en 1958, donc après les révolutions de Sputnik.

Dès 1950, un étonnant film de science-fiction américain met en scène des industriels privés finançant eux-mêmes une mission lunaire, comme si le mythe entrepreneurial américain s’était projeté dans l’espace avant même que la conquête spatiale ne débute réellement.

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[146] Destination... Lune ! (1950) (Destination Moon)(imdb 6,8 / perso 8 )

Contenu : Aux Etats Unis, après l’échec du lancement d’un satellite expérimental, un scientifique et un militaire décident de viser la Lune. Pour financer une fusée à propulsion nucléaire, ils s’appuient sur de grands industriels privés, en jouant à la fois sur le patriotisme et les perspectives économiques. Face aux hésitations administratives, ils forcent le lancement de leur mission.

Avis perso : C’est de la hard science-fiction pure. Tout repose sur une extrapolation raisonnable du réel, sans fantaisie gratuite. Le film n’est d’ailleurs pas daté : on a l’impression d’un futur très proche, à cinq ou dix ans tout au plus. L'avance technologique de ce futur est présentée comme une simple question d’ingénierie, pas comme un rêve déconnecté. En 1950, le film banalise déjà l’idée d’un satellite, alors que Sputnik ne décollera qu’en 1957. Idem pour la propulsion nucléaire, qui se concrétisera plus tard avec le sous-marin USS Nautilus.

L'autre point novateur n’est pas technique, mais idéologique. La conquête spatiale vient ici du privé et non de l’État. Des industriels financent, conçoivent et prennent les risques pendant que l’administration freine. Plus qu’un simple récit de SF, le film ressemble à un manifeste culturel américain, valorisant l’initiative entrepreneuriale comme moteur du progrès national.

C’est précisément ce qui le rend étonnamment actuel : la NASA en chef d’orchestre, mais SpaceX, Blue Origin et d’autres pour l’innovation et la fabrication. Même la justification géopolitique est présente, avec l’idée d’un avantage militaire stratégique depuis la Lune, qui évoque la Guerre des Etoiles de Reagan, récemment relancée avec le Golden Dome.

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Si le film est sérieux sur le fond, il l’est tout autant sur la forme, avec un vrai soin pour représenter l’apesanteur ou les G du décollage. Malheureusement, il l’est aussi dans les relations humaines : jeu rigide, dialogues trop didactiques, faible émotion.

Deux détails notables :
- La fusée rappelle celle d’Objectif Lune de Tintin, dont la prépublication débute la même année. Vu leur calendrier respectif, une influence mutuelle est peu probable, il s’agit éventuellement de références scientifiques communes.
- Le générique d’ouverture, avec un défilement de texte en perspective sur un vide spatial, évoque celui du futur Star Wars.

Au final, c’est pour moi un maximum de 6/10 pour le grand public, mais un 8 ou 9 pour un amateur de SF, d’histoire spatiale, de l'idéologie de la guerre froide, de valeurs prospectives, et pour sa résonance contemporaine.

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en VOST Fr dans une fausse HD, en fait c'est du 480p.
https://youtu.be/mJ2FcjakWgE
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