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La loi sur les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans attend le verdict de Bruxelles

Posté : mar. 16 juin 2026 08:21
par chtimi054
La loi sur les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans attend le verdict de Bruxelles

L'avenir de la proposition de loi française interdisant l'accès aux plateformes en ligne avant 15 ans dépend d'un avis de la Commission européenne, attendu au plus tard le 10 juillet. Entre la version stricte de l'Assemblée et celle, plus nuancée, du Sénat, Bruxelles doit trancher sur la conformité avec le droit européen, un arbitrage qui conditionne tout le calendrier législatif du gouvernement.
Image Le gouvernement français joue une véritable course contre la montre. L'ambition d'interdire l'accès aux plateformes pour les jeunes de moins de quinze ans, une promesse forte de l'exécutif, est désormais suspendue à une décision extérieure. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a confirmé à Ouest France que l'avis de la Commission européenne est attendu pour la date butoir du 10 juillet. Ce feu vert est une étape indispensable avant de pouvoir espérer une mise en application de la loi pour la rentrée scolaire prochaine, un objectif jugé crucial.

Pourquoi le parcours de cette loi est-il si complexe ?

Le principal obstacle réside dans le profond désaccord entre les deux chambres du Parlement français. Dans un premier temps, l’Assemblée nationale avait voté une interdiction générale et stricte. Mais le Sénat a ensuite profondément remanié le texte, lui préférant un système à deux étages bien plus nuancé. Cette version distingue les plateformes jugées « susceptibles de nuire à l'épanouissement des mineurs » de celles considérées comme moins à risque.
Image Pour les premières, une interdiction totale avec vérification de l'âge serait appliquée. Pour les secondes, un simple accord parental suffirait. Ce casse-tête juridique a forcé l'exécutif à se tourner vers Bruxelles pour savoir quelle approche est compatible avec le droit européen, notamment le règlement sur les services numériques, le fameux DSA, qui encadre étroitement ce que les États membres peuvent imposer aux plateformes.

Quel est l'enjeu de la date du 10 juillet ?

Cette date n'est pas anodine : elle représente le dernier espoir pour une application à la rentrée 2026. Un avis favorable de Bruxelles permettrait de convoquer en urgence une commission mixte paritaire, chargée de trouver un texte de compromis entre les versions de l'Assemblée et du Sénat. Ce nouveau texte devrait ensuite être revoté par les deux chambres, un processus parlementaire qui s'annonce serré dans un calendrier estival.

Sans ce feu vert européen, l'ensemble du projet perd son socle juridique et risque de connaître le même sort qu'une précédente loi de 2023. Votée mais jamais appliquée, elle avait été enterrée faute de compatibilité avec le droit de l'Union. Le gouvernement veut à tout prix éviter une répétition de cet échec et sécuriser le terrain avant de poursuivre le parcours législatif.
Image Que se passe-t-il dans les autres pays et pourquoi cette urgence ?

La France n'est pas isolée dans cette démarche, mais elle espère être pionnière en Europe avec un seuil fixé à 15 ans. D'autres pays ont déjà commencé à légiférer : l'Australie a opté pour un âge plancher de 16 ans, une limite également adoptée par le Royaume-Uni. L'urgence est palpable, car les chiffres révèlent une réalité alarmante : la première inscription sur les réseaux sociaux se fait en moyenne à 8 ans et demi, bien en deçà des 13 ans officiellement requis par la plupart des services.

De manière surprenante, une large majorité des 11-17 ans se disent eux-mêmes favorables à une telle interdiction, signe d'une prise de conscience collective. Pour le gouvernement, l'enjeu est double, car la loi inclut également un volet sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées. Un alignement avec les « orientations européennes » est prévu à terme, mais selon la ministre, attendre un règlement européen commun prendrait « deux ou trois ans ». Un délai jugé trop long face à ce qui est perçu comme une urgence pour la jeunesse.

merci à GNT