Élections et ingérences : la CNIL ouvre le débat

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chtimi054
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Élections et ingérences : la CNIL ouvre le débat

Message par chtimi054 »

Élections et ingérences : la CNIL ouvre le débat
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Le 16 novembre, la CNIL réunira chercheurs et spécialistes pour examiner deux risques électoraux liés au numérique : le ciblage politique des électeurs et les ingérences étrangères.

L’événement air 2026, intitulé « Convaincre ou manipuler ? L’éthique du numérique à l’épreuve des urnes », se tiendra le lundi 16 novembre à la CNIL. Deux tables rondes traiteront de la protection des données utilisées dans la communication politique, puis des campagnes de désinformation et des ingérences étrangères. Un témoignage portera sur les manipulations de l’information ayant visé l’élection présidentielle roumaine de 2024. Le programme abordera aussi les contenus produits par intelligence artificielle et la confiance dans les systèmes de vote.

Ciblage politique : quels droits pour les électeurs ?

Une publicité politique peut s’adresser à un large public ou viser des personnes sélectionnées à partir de leurs données. Dans ce second cas, la question dépasse le contenu du message : elle porte aussi sur les informations collectées, les critères de ciblage et la capacité de chacun à comprendre pourquoi il reçoit cette publicité.

La première table ronde proposée par la CNIl le 16 novembre prochain examinera les protections applicables à ces pratiques. La CNIL rappelle que le ciblage et la diffusion de publicités politiques en ligne nécessitent le consentement des électeurs. Les données utilisées doivent être limitées au nécessaire, tandis que les personnes concernées doivent être informées de la collecte et de leurs droits. Le RGPD, la loi Informatique et Libertés et le règlement relatif à la transparence et au ciblage de la publicité politique, applicable depuis octobre 2025, formeront le cadre de la discussion.

À chaque échéance électorale, la CNIL réactive son observatoire des élections. Elle échange avec les partis et les candidats, informe les électeurs et ouvre une plateforme de signalement des pratiques qu’ils estiment interdites. Les centaines de signalements reçus à chaque scrutin nourriront cette discussion sur les usages politiques des données, en prévision notamment de l’élection présidentielle.

La table ronde abordera également des expériences internationales, dont les élections de mi-mandat aux États-Unis et le ciblage politique en Europe de l’Est. Parmi les invités : Laurence Francheschini, commissaire de la CNIL chargée de la vie politique et citoyenne, Matthieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos bva, Hervé Letoqueux, PDG de Check First et ancien responsable des opérations de VIGINUM, ainsi que Francesca Musiani, directrice de recherche au CNRS et directrice du Centre Internet et Société.

Désinformation : identifier les opérations d’influence

Un témoignage fort est aussi prévu, celui de Sorin Ioniță, président du groupe de réflexion roumain Expert Forum. Il reviendra sur les manipulations de l’information ayant ciblé l’élection présidentielle roumaine de 2024. Le programme Digital Watchdog de son organisation a aussi documenté des campagnes de manipulation et des comportements inauthentiques coordonnés sur les réseaux sociaux lors d’élections en Roumanie et en Moldavie en 2025. A noter que ZATAZ a déjà repéré des manipulations (des tests ?) cet été 2026 et lors de la rentrée scolaire 2026/2027 : lire ici, là ou encore ici.

Le témoignage fera la transition avec la seconde table ronde, consacrée à la désinformation et aux ingérences étrangères. La CNIL situe ces enjeux dans un environnement où des acteurs cherchent à peser sur les choix électoraux, à l’échelle locale comme nationale. En France, VIGINUM, service accueilli par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale depuis 2021, détecte et caractérise les manipulations de l’information d’origine étrangère sur les plateformes numériques.

L’intelligence artificielle générative ajoute une difficulté aux travaux de détection. Elle permet de produire en quantité des publications pour les réseaux sociaux, des textes ou de fausses vidéos. Les hypertrucages, la circulation de récits trompeurs et la confiance accordée aux systèmes de vote figurent ainsi parmi les sujets annoncés. La table ronde cherchera à éclairer les mécanismes d’influence et les réponses possibles, sans confondre une tentative de manipulation avec la preuve de son efficacité.

Cette édition s’inscrit dans la mission de réflexion éthique confiée à la CNIL par la loi pour une République numérique de 2016. Son fil conducteur touche directement à la cyber intelligence : comprendre comment les données et les plateformes peuvent servir à influencer un scrutin, puis distinguer les opérations observables de leurs effets supposés.

merci à ZATAZ
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