Le treizième vol d'essai a abouti à l'amerrissage dans l'Océan Indien du vaisseau Starship. Cinq jours plus tard, il flotte toujours et SpaceX se décide enfin à le récupérer.
Le 24 juillet, le 13ème vol d'essai de la méga-fusée Starship de SpaceX, parti de la Starbase au Texas, a dépassé toutes les attentes. Après une séparation réussie de son booster Super Heavy, l'étage supérieur, baptisé Ship 40, a poursuivi sa course suborbitale.Sa mission s'est achevée par un amerrissage en douceur, une manœuvre délicate où ses moteurs Raptor se sont rallumés pour le freiner juste avant l'impact. Contre toute attente, le mastodonte de métal a survécu, se transformant en une improbable baleine d'acier flottante.
Elon Musk a confirmé qu'une équipe est en route pour récupérer ce prototype de 52 mètres, actuellement à la dérive près de l'Australie, dans une opération logistique sans précédent.
Pourquoi cet amerrissage du Starship est-il un succès historique ?
Cet amerrissage est une réussite majeure car c'est la toute première fois qu'un étage supérieur de Starship survit à son retour sur Terre. Jusqu'à présent, les prototypes finissaient soit en explosion contrôlée après avoir transmis leurs données soit en désintégration involontaire durant le vol.
Le fait que le Ship 40 ait non seulement résisté à la rentrée atmosphérique (le passage violent dans les couches denses de l'atmosphère) mais aussi au contact avec l'eau est une validation cruciale du design.
Dan Huot, porte-parole de la société, a qualifié la scène de « scénario de rêve » en direct. Cette survie ouvre la voie à la réutilisabilité complète, l'objectif ultime de SpaceX pour réduire drastiquement les coûts du voyage spatial.Un prototype intact à analyser est une mine d'or d'informations pour les ingénieurs, aussi précieuse que de simples données télémétriques, alors que la fusée a prouvé sa robustesse dans des conditions extrêmes.
Quelle est la mission pour récupérer cette épave flottante ?
L'opération de récupération représente maintenant un défi logistique colossal. Elon Musk a confirmé via le réseau social X qu'une équipe est en route pour récupérer la fusée, cinq jours après sont amerrissage.
Les détails sont rares mais l'objectif est de sécuriser ce géant de 100 tonnes avant de le remorquer. L'engin flotte dans l'Océan Indien, non loin des côtes australiennes, ce qui fait de l'Australie la base logistique la plus probable pour l'accueillir.
Des photos partagées par SpaceX montrent le vaisseau, strié de marques de brûlure, ressemblant à un cétacé métallique échoué. Les équipes sur place, composées d'ingénieurs et de marins, doivent manœuvrer avec une précision chirurgicale pour arrimer et tracter une structure aussi massive et potentiellement fragile sans la briser.Le temps presse car les conditions maritimes et la corrosion saline sont des ennemis redoutables pour l'intégrité de la fusée. Sans cela, le vaisseau spatial finirait par s'échouer sur une plage ou se briser. Il risquerait également d'être récupéré par d'autres nations désireuses de connaître ses secrets.
Quelles sont les caractéristiques de ce géant des mers improvisé ?
Ce qui flotte actuellement est un concentré de technologie. L'étage supérieur seul mesure 52,1 mètres de haut, soit l'équivalent d'un immeuble de 16 étages. Sa masse à vide avoisine les 100 tonnes.
Il est construit principalement en acier inoxydable et son flanc est recouvert d'environ 18 000 tuiles de bouclier thermique noires, conçues pour le protéger des températures infernales de la rentrée dans l'atmosphère. À sa base se trouvent six moteurs Raptor, trois optimisés pour le vide spatial et trois pour l'atmosphère.
Le fait qu'une telle structure, avec ses moteurs et ses systèmes complexes, ait pu amerrir en douceur et flotter pendant plus de 100 heures témoigne d'une ingénierie exceptionnelle.Chaque composant qui sera analysé, des soudures aux tuiles thermiques en passant par les circuits des moteurs, fournira des données inestimables. Les données permettront de perfectionner les futures versions destinées à la Lune et à Mars dans le cadre du programme Artemis de la NASA.
Quel avenir pour ce Starship après sa récupération ?
Il est très peu probable que ce prototype de Starship vole à nouveau. L'exposition prolongée à l'eau de mer est extrêmement corrosive pour les alliages et les systèmes électroniques complexes.
Le véritable objectif de cette récupération n'est pas la réutilisation mais l'analyse. Ramener l'engin à terre permettra aux ingénieurs de l'inspecter sous toutes les coutures pour comprendre comment chaque pièce a résisté au stress du vol et de l'amerrissage.
Ce vaisseau deviendra probablement une pièce de musée iconique, un symbole de cette étape décisive. Mais avant cela, il sera disséqué. Les ingénieurs chercheront les micro-fissures, étudieront l'usure des tuiles et l'état des moteurs.
merci à GNT
