Fraude au support : deux Américains aidaient des centres d’appels en Inde !

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chtimi054
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Fraude au support : deux Américains aidaient des centres d’appels en Inde !

Message par chtimi054 »

Fraude au support : deux Américains aidaient des centres d’appels en Inde !
Image Deux Américains reconnaissent leur rôle dans une infrastructure téléphonique ayant soutenu des escroqueries au faux support technique opérées depuis l’Inde.

Deux hommes, Adam Young, 42 ans, et Harrison Gevirtz, 33 ans, ont plaidé coupable aux États-Unis pour non-dénonciation de crime. Ils étaient accusés d’avoir fourni des numéros, du routage, du suivi et du transfert d’appels à des fraudeurs basés en Inde. Leur société, CA Cloud Attribution, aurait soutenu ce dispositif entre 2016 et 2022. Les victimes, souvent âgées ou handicapées, étaient poussées à appeler de faux services techniques après des publicités alarmistes.

Une infrastructure au service de l’arnaque

Au départ, l’opération semblait reposer sur un scénario connu. Des messages publicitaires intrusifs affichaient de fausses alertes de sécurité. Les victimes croyaient que leur ordinateur ou leur appareil était compromis par un logiciel malveillant. Elles étaient ensuite dirigées vers des numéros de téléphone, eux-mêmes renvoyés vers des centres d’appels situés en Inde.

Au bout de la ligne, de prétendus techniciens prenaient le relais. Leur rôle consistait à installer l’urgence, nourrir la peur, puis convaincre les victimes de régler des centaines de dollars, soit plusieurs centaines d’euros, pour un service inexistant. Un grand classique qui fonctionne encore aujourd’hui malgré de nombreuses arrestations. Selon l’accusation, plusieurs opérateurs ont aussi obtenu un accès à distance aux appareils ciblés. Cette intrusion leur aurait permis de récupérer des informations financières, ouvrant la voie à de nouveaux vols.

Dans cette chaîne, Adam Young et Harrison Gevirtz n’étaient pas présentés comme de simples prestataires passifs. Les procureurs leur reprochaient d’avoir fourni des outils décisifs pour faire fonctionner l’écosystème frauduleux : numéros de téléphone, routage des appels, suivi des communications et transfert vers les centres d’arnaque. Autrement dit, ils auraient contribué à relier les victimes américaines aux plateaux de télémarketing qui menaient l’escroquerie.

Les deux hommes dirigeaient CA Cloud Attribution, une entreprise technologique américaine. Les enquêteurs affirment qu’elle a participé à la mise en place du système de 2016 à 2022. Ils possédaient aussi un centre d’appels en Tunisie, où certains employés se livraient également à des fraudes au support technique. Cette dimension internationale illustre la structure éclatée de ces opérations : la victime se trouve aux États-Unis, l’appel peut transiter par des services américains, le centre répondre depuis l’Inde, tandis qu’un autre relais existe en Afrique du Nord.

Le dossier prend une dimension plus grave à partir de 2017. Selon les enquêteurs, Young et Gevirtz savaient alors que plusieurs clients étaient impliqués dans des fraudes. Malgré ces informations, ils auraient continué à leur fournir des services. Les opérateurs téléphoniques et les forces de l’ordre les auraient contactés à plusieurs reprises au sujet de ces escroqueries. Au lieu d’alerter les autorités, les deux hommes auraient aidé leurs clients à réduire le risque d’être détectés.

Les procureurs ont décrit des méthodes précises. Les clients étaient encouragés à utiliser de longues listes de numéros dans leurs publicités contextuelles. Ils devaient aussi faire tourner régulièrement les numéros affichés. Cette rotation compliquait l’identification des campagnes frauduleuses et ralentissait les mesures de blocage. Dans une logique cyber, ce comportement ressemble à une stratégie d’évasion : multiplier les points d’entrée, fragmenter les signaux et rendre l’attribution plus difficile.

Des victimes vulnérables, un enjeu télécom

Young et Gevirtz ont également reconnu avoir mis en avant des centres de fraude au faux support technique. Ils auraient aussi présenté ces structures à d’autres acteurs capables de faciliter leurs opérations. Cette fonction de mise en relation est centrale. Les escroqueries numériques ne reposent pas seulement sur des opérateurs agressifs au téléphone. Elles dépendent d’intermédiaires, de fournisseurs techniques et de services capables de donner une apparence professionnelle à une mécanique criminelle.

Ted Docks, agent spécial chargé de la division du FBI à Boston, a résumé l’enjeu humain du dossier. Selon lui, les deux hommes ont admis avoir profité en connaissance de cause d’escrocs du télémarketing et du faux support, aux États-Unis comme à l’étranger. Ces réseaux ciblaient des personnes âgées, exploitaient les plus fragiles et privaient les victimes de leurs économies comme de leur sérénité. Il a ajouté que derrière chaque appel frauduleux se trouvait une personne réelle, parfois terrorisée, humiliée ou ruinée.

Les deux hommes doivent être condamnés le 16 juin 2026. Le chef de non-dénonciation de crime vise les personnes qui ont connaissance d’une infraction et ne la signalent pas. La peine maximale encourue atteint trois ans de prison. Le ministère de la Justice avait déjà obtenu la condamnation de quatre ressortissants indiens et d’un Américain dans une autre affaire de fraude au support technique, également examinée par le FBI.

Ces aveux s’inscrivent dans un mouvement plus large. Les autorités américaines cherchent à remonter vers les causes techniques des escroqueries numériques, au-delà des seuls téléopérateurs. L’objectif est de toucher les infrastructures, les services de communication et les facilitateurs qui rendent ces campagnes possibles. Depuis une décennie, ces fraudes ont proliféré et coûteraint chaque année plusieurs milliards d’euros.

La pression politique augmente aussi sur les opérateurs télécoms. Plusieurs membres du Congrès ont adressé une lettre à AT&T, T-Mobile et Verizon. David Schweikert, président du Comité économique conjoint du Congrès, et Maggie Hassan, membre de rang, demandent des détails sur les mesures prises pour repérer et limiter les appels et SMS frauduleux.

Les deux élus estiment que les consommateurs doivent pouvoir faire confiance aux appels et messages qu’ils reçoivent, qu’ils viennent par exemple d’un cabinet médical ou de l’école d’un enfant. Ils soulignent aussi que les communications frauduleuses deviennent plus difficiles à distinguer des échanges légitimes. Selon eux, une part excessive de la détection repose encore sur les clients.

merci à ZATAZ
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