La Lune se fissure et tremble : un défi majeur pour les missions Artemis

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chtimi054
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La Lune se fissure et tremble : un défi majeur pour les missions Artemis

Message par chtimi054 »

La Lune se fissure et tremble : un défi majeur pour les missions Artemis

Loin de l'astre mort et figé que l'on imagine, la Lune se révèle être un monde en pleine contraction, dont la surface se fracture sous l'effet de forces colossales.
Image L'idée d'une Lune géologiquement inerte a vécu. Si les missions Apollo avaient déjà enregistré des séismes lunaires, une série de découvertes récentes brosse le portrait d'un satellite bien plus dynamique qu'on ne le pensait.

Depuis 2010, les scientifiques savent que la Lune rétrécit lentement. En se refroidissant, son noyau interne se contracte, forçant sa croûte rigide à se plisser et à se briser, un peu comme la peau d'un fruit qui sèche.

Des chercheurs ont découvert plus de 1100 nouvelles crêtes tectoniques sur la Lune, prouvant que notre satellite est dynamique et reste géologiquement actif.

Cette activité sismique, avec des séismes pouvant durer des heures, représente un risque majeur pour les futures missions habitées comme Artemis, forçant la NASA à revoir ses plans de colonisation.

Une cartographie inédite des cicatrices lunaires

Une équipe de la Smithsonian Institution vient de franchir une étape décisive en publiant la première cartographie complète de cette activité tectonique récente. En se concentrant sur les vastes plaines sombres, les "maria", les chercheurs ont identifié 1 114 nouvelles structures, baptisées Small Mare Ridges (SMRs), ou petites crêtes de mare.

Ces formations s'ajoutent aux structures déjà connues, portant le total à 2 634., et sont documentées dans un article paru dans The Planetary Science Journal.
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Exemple de fissure lunaire de type SMR (credit : Smithsonian Institution)
Ces crêtes sont les cousines des escarpements plus connus situés dans les hauts plateaux lunaires. Bien que leur localisation diffère, leur origine est la même : la compression de la croûte. Cette étude met en lumière une activité tectonique globale, qui affecte l'ensemble de la surface lunaire, et non plus seulement certaines régions spécifiques.

Des failles jeunes et une activité persistante

L'aspect le plus crucial de cette découverte réside dans l'âge de ces formations. Les SMRs ont un âge moyen estimé à 124 millions d'années, ce qui est géologiquement très jeune.

Cet âge est comparable à celui des escarpements, estimés à 105 millions d'années. Ces chiffres prouvent que la contraction de la Lune n'est pas un phénomène relégué aux premiers âges du système solaire, mais un processus qui se poursuit encore aujourd'hui.
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Cluster de SMRs sur la surface lunaire (credit : Smithsonian Institution)
Cette activité continue change radicalement la perception des maria lunaires. Longtemps considérées comme des zones stables et donc idéales pour de futurs alunissages, elles se révèlent être des foyers potentiels de séismes.

La formation de ces crêtes s'accompagne en effet de secousses, dont la puissance et la fréquence restent à déterminer précisément.

Quelles conséquences pour les missions Artemis ?

Cette nouvelle carte des risques sismiques a des implications directes pour le programme Artemis de la NASA. Contrairement aux séismes terrestres qui durent quelques secondes ou minutes, les séismes lunaires peuvent provoquer des vibrations pendant plusieurs heures.

Une telle durée représente une menace considérable pour la stabilité des infrastructures, des modules d'habitation ou des instruments scientifiques sensibles.

La NASA devra donc intégrer ces données pour sélectionner les futurs sites d'alunissage et concevoir des équipements capables de résister à ces secousses prolongées.

Le rêve d'une base lunaire permanente passe désormais par une compréhension fine de cette activité tectonique, un paramètre qui pourrait bien redéfinir la feuille de route de notre retour sur notre satellite naturel.

merci à GNT
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